Clinic dressage avec Carl Hester, ou la découverte d’un clinic de dressage “moderne”




Vendredi 12 janvier dernier, j’ai eu la chance d’assister à la matinée de cours particuliers en dressage avec Carl Hester, l’entraîneur de Charlotte Dujardin. Uniquement la matinée car mes deux poneys à gérer, et la matinée me semblait plus adaptée et utile par rapport à mon travail quotidien : améliorer les pirouettes au galop me concerne assez peu finalement…

J’ai donc vu 4 sessions :

  • Cavalière niveau championnats d’Europe de CCE (juste la fin)
  • Jeune cheval (8 ans), podium championnat de Belgique
  • Cavalière olympique Para-dressage (Michelle George)
  • Jeune cheval (6 ans), top 10 championnat du monde

Compte-rendu par séance

Je suis arrivée à la fin de la première session ,donc fin de séance, avec le plaisir de voir la cavalière travailler son cheval en extension d’encolure pour étirer après le travail, avec une attitude vraiment très chouette sur un cercle au trot (sur laquelle Carl Hester a vraiment insisté pour que le cheval puisse avancer son bout du nez). Ô joie pour moi, vous imaginez bien.

Le 2ème cheval m’a permis de réaliser à quel point la notion de « mise en avant » est parfois absente de mes séances. Carl Hester a répété au long de la séance la nécessité d’y penser, notamment dans les transitions et notamment les transitions descendantes : le cheval doit penser en avant (et non pas s’asseoir tellement au travail qu’il perd cette envie). Le jeune cheval a ensuite été travaillé avec une idée de « rendre le travail facile », donc combiner les mouvements pour que l’enchainement se fasse de façon plus confortable (équilibre, rythme..). Ici, l’amélioration du galop, en alternant galop moyen/galop rassembler, mais toujours sur de courtes foulées. Puis un travail sur la pirouette au galop : appuyer, EED, pirouette… Puis EED, pirouette, appuyer. L’idée de garder également l’EED dans les mouvements, et les transitions, est chouette et ne me venait pas instinctivement en tête. La session s’est finit avec un travail sur les changements de pied, en cherchant à étendre réellement le cheval : augmenter le temps de suspension du changement de pied par rapport à une foulée classique (galop rassemblé, 3 foulées de galop moyen, changement de pied, galop rassembler). Carl Hester a terminé en rappelant qu’un exercice avait un début, un milieu, une fin = crucial de savoir où commencer, comment finir son exercice (ca me rappelle mes EED tiens !).

3ème cheval, monté par Michelle George. Un vrai plaisir après quelques détails qui m’avaient fait tiquer précédemment : son superbe étalon noir arrive monté simplement avec les rênes de filet, les rênes sont réellement rendues lors des pauses, les rênes de bride utilisées avec parcimonie et autonomie… bref, j’aurais aimé voir tout les cavaliers en bride faire de même ! Carl Hester a rappelé que le dressage cherche a être une « discipline élégante, naturelle », et ces termes illustrent parfaitement cette séance-ci. Le travail a porté principalement sur la tendance de cet étalon à être sur l’avant-main, notamment dans les EED/pirouette, et à avoir un postérieur interne qui ne s’engage pas réellement sous la masse. Différents exercices : alterner travers puis EED sur une volte, en suivant réellement le tracé circulaire. Puis travail sur un carré, avec EED en ligne, ¼ de pirouette dans les tournants. On cherche toujours a maintenir la nuque en point le plus haut, quitte à demander un ½ arret dans les transitions (demi-arrêt qui doit durer au maximum une foulée, au risque de casser la dynamique du cheval) : une bonne transition est visible via notamment une encolure qu is’allonge légèrement.

Je ne suis pas restée longtemps pour le 4ème cheval (6 ans) : Carl Hester a évoqué l’importance du stretching, surtout sur un jeune, et d’acceptation de la main et du contact.. Ne pas se concentrer uniquement sur l’avant, ne pas avoir trop de rênes. Bref, un peu trop dressage moderne à mes yeux, pas très fan… J’ai préféré repartir et voir mes bidets !

Du positif et du négatif !

Malgré tout, cette journée reste en demi-teinte à mes yeux :

  • Les chevaux montés en mors simples…. Idée chouette à la base ! Avaient tous un noseband bien serré, bloquant toute mobilisation de la machoire (visible lorsqu’ils longeaient la piste de mon côté)
  • Plusieurs chevaux en hyperflexion (dont l’un fortement…) lors de la « détente » en attendant que le cours commence. Etonnant lorsque l’on sait comment cette attitude est de plus en plus critiquée, d’autant plus que le public était assez nombreux… J’ai également été surprise par la « « justification » » de l’hyperflexion d’un jeune cheval car le public pouvait être impressionnant, stressant… Alors qu’un chanfrein en deça de la vertical me semble juste inadmissible à ce niveau ?
  • LE sujet qui m’a dérangé : le contact. Carl Hester n’a cessé de rappeler cette notion (hormi avec Michelle George), en donnant son avis comme quoi tel cheval « fuyait le contact », « avait un problème de contact », etc… Et très clairement, la main n’était pas accepté par le cheval.

Comment est-ce possible d’accepter, à un tel niveau (championnat de Belgique, du monde), que le cheval refuse le contact, soit toute relation avec son cavalier ? Les mains étaient clairement trop présentes, trop dures, à mes yeux. Comme dirait mon enseignante, on prépare en amont le travail sans mors, alors que ce n’est pour beaucoup pas nécéssaire pour monter en mors… Mais quid des flexions, de la décontraction de la machoire ? Bref, fortement sur ma faim sur ce sujet, dans lequel je ne me retrouve absolument pas. La décontraction de mes chevaux, et leur bonne volonté au travail (qui passe par l’acceptation du contact) est LE pré-requis au travail.. Si ça n’est pas le cas, autant descendre.

En positif, je garde toutefois des idées d’exos très concrets, la notion de « mise en avant » à garder davantage en tête au quotidien, et la grande, grande pédagogie et douceur de Carl Hester. Capable de s’adapter avec justesse au couple : l’évolution début/fin de séance était sacrément visible pour tous !

Je rappelle également que le replay est disponible sur Equideo.

Une réflexion sur “Clinic dressage avec Carl Hester, ou la découverte d’un clinic de dressage “moderne”

  1. dupard stephanie dit :

    bravo pour votre ouverture ! c’est toujours important d’aller voir ! On ce fait son propre avis et de plus vous étez dans une critique objective et positive , je me retrouve dans votre vision et analyse , je n’ai pus que malheureusement voir que la video ….continuez votre si joli chemin, au plaisir de vous relire et gardez votre envie de découvrir et votre positivité !cordialement stéphanie dupard ” équitation raisonnée ” .

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