L’outil, son usage et notre technique




J’ai vu passer récemment une étude indiquant que le mors entrainait des réactions négatifs plus de 80% plus élevées que lorsque le cheval était sans mors. Etant fouineuse devant l’éternel, je suis donc partie lire toute l’étude dans son jus, en anglais (et j’ai même pu l’essayer sur mes chevaux… la suite demain).

Certains points me gênent et me posent question : l’échantillon de chevaux en mors incluait des chevaux montés en Pelham, embouchure ô combien violente pour la bouche de nos chevaux (et aucune information sur la présence de muserolle serrée, noseband… qui entrainent stress et divers problèmes). Les chevaux sans mors étaient tous montés en bitless (du Dr Cook, auteur de l’étude) / il aurait été tellement plus intéressant de comparer avec un side ou un licol plat, ennasure bien plus douce !

Cession de mâchoire, puis extension d’encolure par action/réaction avec un cheval appliqué et disponible !

Mais surtout, il n’est à nouveau aucunement question du niveau du cavalier, et de l’éducation au mors. Je reste persuadée que jusqu’à ce que le cavalier ait une réelle indépendant des aides, une main douce et juste, le mors est un « rasoir dans les mains d’un singe », d’autant plus si l’on escalade vers des mors durs lorsque l’on cherche du contrôle… Pour revenir au sujet principal : alors que tant de cavaliers s’orientent vers une logique « alternative », sans mors, et souvent fortement liée au travail à pied (longe, liberté…), parlent d’apprentissage au sans mors, combien ont cette logique en mors ? Quel dommage qu’une bonne partie des enseignants « classiques » se soient détournés du travail à pied, pourtant si pertinent, pour ne faire qu’un tour de poney durant 1h…

Je n’ai quasiment jamais entendu, jusqu’à la découverte de l’école de légèreté, d’informations sur le travail à l’épaule, sur la cession de mâchoire, sur les flexions, le placé fléchi droit… Et pourtant, comment imaginer qu’une barre de métal dans une zone qui ne connait pas cela puisse être acceptée sans éducation (surtout dans le cadre de pression sur les barres, la langue) ?

Alors certes, les signes d’inconfort sont peut-être moins visibles sans mors (ou alors, on ne veut pas les voir… un cheval qui passe au dessus de la main en licol corde au contact, qu fouaille, ne veut pas répondre à nos demandes…), mais est-ce la faute du mors, ou la faute de ma main ? Un cheval souffrant de dorsalgie à cause d’une selle non adaptée : est-ce la faute de la selle (et donc faut-il la rejeter complètement, monter uniquement à cru ?) ou de son adaptation ? On en revient donc au fondamental : l’éducation du cheval ET du cavalier à l’outil.

Comprendre l’effet de l’outil, comment l’utiliser…

Je suis entièrement d’accord que les chevaux peuvent travailler sans mors, et je reste persuadée que cela reste mieux pour la grande majorité vu l’optique de travail (ou de non travail d’ailleurs). J’ai été amenée à l’utiliser avec mes chevaux dans le cadre d’une méthode qui m’a convaincue, où j’ai appris à l’utiliser plutôt que « saquer dedans » comme je l’ai fait des années en club.

Dans tout les cas, même avec un outil adapté, si nous ne savons pas l’utiliser… Autant s’abstenir !

La quête d’une alimentation saine : fer, déséquilibres et autres joyeusetés




Depuis quelques temps, une vraie tendance se développe dans le milieu de l’alimentation équine : déçus de l’alimentation « industrielle », ou en recherche d’une alimentation au plus proche des besoins du cheval (fibres au maximum, pas de mélasses, produits transformés/incluant des pesticides..), certains propriétaires découvrent de plus en plus de gammes de produits « sains » (avec des jolies petites étiquettes telles que « naturel », « convient à tous », et/ou avec des logos bien mignons…). Mais est-ce pour autant la panacée ?

Outre le fait qu’un aliment reste EN SUPPLEMENT d’un alimentation (habituellement foin ou herbe…), par conséquent chaque région, voire parcelle n’affiche pas la même composition (donc un ratio Ca/P idéal dans l’aliment… ajouté à un foin naturellement déséquilibré entraine une alimentation déséquilibrée !), j’aimerais faire un petit focus sur la présence de fer. Fer qui peut avoir 2 problématiques dans l’alimentation : être trop présent (en valeur absolu, avec un seuil toxique à 500mg/kg d’aliment), ou empêcher l’absorption d’autres éléments en étant relativement trop important (par exemple cuivre et zinc… l’équilibre étant la recherche de ce que nous leur donnons à manger).

Quid de ces fameux aliments, maintenant ? Alors que les aliments « industriels » classiques, fabriqués « à la chaine », donnent un peu de visibilité sur la composition, il est malheureux de remarquer que pour ces produits l’opacité est la règle. Nous avons parfois des données globales, sur la compo… Le calcium, phosphore… Mais le reste ? Certains aliments, ou granulés de foin par exemple, n’affiche rien (et en réalité pètent les scorent avec une présence de fer > 1500mg/kg…). Pour rappel, les terres en France sont souvent riches en fer (et rajoutons à cela la présence de fer dans l’eau….), ajouter à un foin/une herbe riche en fer ce genre d’aliment est une catastrophe ! La problématique est également identique, même si moindre en cas de cure… Avec les compléments alimentaires type orties, spiruline, algues, riches en fer.

Pour rappel, l’excès de fer impacte (un bel article en anglais ici) :

  • L’assimilation du cuivre et zinc -> impact sur les os, les tendons
  • La sensibilité des pieds nus
  • A dose toxique, le foie
  • L’insulino-résistance
  • L’apparition de mélanome chez les chevaux gris (l’une des causes envisagées parmi de nombreuses autres, notamment à cause d’un manque de cuivre ) ….

Une fois présent dans l’organisme, il est très difficile de retirer le fer de l’organisme… Pour rappel, les rares moyens sont la saignée, ou certains chélateurs comme l’ail des ours.

Bref, s’y prendre en amont reste une meilleure solution. Gardons notre volonté, louable, d’alimenter de façon plus saine nos chevaux, mais en gardant en tête que chaque cheval a ses spécificités propres (mode de vie, travail, antécédents…) et liées à l’environnement (qualité du fourrage, eau..). Et si vous n’avez pas d’information chiffrée détaillée sur votre aliment (ou granulés de foin, compléments…), ou que vous avez un doute difficilement explicable (composition vs résultats affichés ?), passez votre chemin !

Clinic dressage avec Carl Hester, ou la découverte d’un clinic de dressage “moderne”




Vendredi 12 janvier dernier, j’ai eu la chance d’assister à la matinée de cours particuliers en dressage avec Carl Hester, l’entraîneur de Charlotte Dujardin. Uniquement la matinée car mes deux poneys à gérer, et la matinée me semblait plus adaptée et utile par rapport à mon travail quotidien : améliorer les pirouettes au galop me concerne assez peu finalement…

J’ai donc vu 4 sessions :

  • Cavalière niveau championnats d’Europe de CCE (juste la fin)
  • Jeune cheval (8 ans), podium championnat de Belgique
  • Cavalière olympique Para-dressage (Michelle George)
  • Jeune cheval (6 ans), top 10 championnat du monde

Compte-rendu par séance

Je suis arrivée à la fin de la première session ,donc fin de séance, avec le plaisir de voir la cavalière travailler son cheval en extension d’encolure pour étirer après le travail, avec une attitude vraiment très chouette sur un cercle au trot (sur laquelle Carl Hester a vraiment insisté pour que le cheval puisse avancer son bout du nez). Ô joie pour moi, vous imaginez bien.

Le 2ème cheval m’a permis de réaliser à quel point la notion de « mise en avant » est parfois absente de mes séances. Carl Hester a répété au long de la séance la nécessité d’y penser, notamment dans les transitions et notamment les transitions descendantes : le cheval doit penser en avant (et non pas s’asseoir tellement au travail qu’il perd cette envie). Le jeune cheval a ensuite été travaillé avec une idée de « rendre le travail facile », donc combiner les mouvements pour que l’enchainement se fasse de façon plus confortable (équilibre, rythme..). Ici, l’amélioration du galop, en alternant galop moyen/galop rassembler, mais toujours sur de courtes foulées. Puis un travail sur la pirouette au galop : appuyer, EED, pirouette… Puis EED, pirouette, appuyer. L’idée de garder également l’EED dans les mouvements, et les transitions, est chouette et ne me venait pas instinctivement en tête. La session s’est finit avec un travail sur les changements de pied, en cherchant à étendre réellement le cheval : augmenter le temps de suspension du changement de pied par rapport à une foulée classique (galop rassemblé, 3 foulées de galop moyen, changement de pied, galop rassembler). Carl Hester a terminé en rappelant qu’un exercice avait un début, un milieu, une fin = crucial de savoir où commencer, comment finir son exercice (ca me rappelle mes EED tiens !).

3ème cheval, monté par Michelle George. Un vrai plaisir après quelques détails qui m’avaient fait tiquer précédemment : son superbe étalon noir arrive monté simplement avec les rênes de filet, les rênes sont réellement rendues lors des pauses, les rênes de bride utilisées avec parcimonie et autonomie… bref, j’aurais aimé voir tout les cavaliers en bride faire de même ! Carl Hester a rappelé que le dressage cherche a être une « discipline élégante, naturelle », et ces termes illustrent parfaitement cette séance-ci. Le travail a porté principalement sur la tendance de cet étalon à être sur l’avant-main, notamment dans les EED/pirouette, et à avoir un postérieur interne qui ne s’engage pas réellement sous la masse. Différents exercices : alterner travers puis EED sur une volte, en suivant réellement le tracé circulaire. Puis travail sur un carré, avec EED en ligne, ¼ de pirouette dans les tournants. On cherche toujours a maintenir la nuque en point le plus haut, quitte à demander un ½ arret dans les transitions (demi-arrêt qui doit durer au maximum une foulée, au risque de casser la dynamique du cheval) : une bonne transition est visible via notamment une encolure qu is’allonge légèrement.

Je ne suis pas restée longtemps pour le 4ème cheval (6 ans) : Carl Hester a évoqué l’importance du stretching, surtout sur un jeune, et d’acceptation de la main et du contact.. Ne pas se concentrer uniquement sur l’avant, ne pas avoir trop de rênes. Bref, un peu trop dressage moderne à mes yeux, pas très fan… J’ai préféré repartir et voir mes bidets !

Du positif et du négatif !

Malgré tout, cette journée reste en demi-teinte à mes yeux :

  • Les chevaux montés en mors simples…. Idée chouette à la base ! Avaient tous un noseband bien serré, bloquant toute mobilisation de la machoire (visible lorsqu’ils longeaient la piste de mon côté)
  • Plusieurs chevaux en hyperflexion (dont l’un fortement…) lors de la « détente » en attendant que le cours commence. Etonnant lorsque l’on sait comment cette attitude est de plus en plus critiquée, d’autant plus que le public était assez nombreux… J’ai également été surprise par la « « justification » » de l’hyperflexion d’un jeune cheval car le public pouvait être impressionnant, stressant… Alors qu’un chanfrein en deça de la vertical me semble juste inadmissible à ce niveau ?
  • LE sujet qui m’a dérangé : le contact. Carl Hester n’a cessé de rappeler cette notion (hormi avec Michelle George), en donnant son avis comme quoi tel cheval « fuyait le contact », « avait un problème de contact », etc… Et très clairement, la main n’était pas accepté par le cheval.

Comment est-ce possible d’accepter, à un tel niveau (championnat de Belgique, du monde), que le cheval refuse le contact, soit toute relation avec son cavalier ? Les mains étaient clairement trop présentes, trop dures, à mes yeux. Comme dirait mon enseignante, on prépare en amont le travail sans mors, alors que ce n’est pour beaucoup pas nécéssaire pour monter en mors… Mais quid des flexions, de la décontraction de la machoire ? Bref, fortement sur ma faim sur ce sujet, dans lequel je ne me retrouve absolument pas. La décontraction de mes chevaux, et leur bonne volonté au travail (qui passe par l’acceptation du contact) est LE pré-requis au travail.. Si ça n’est pas le cas, autant descendre.

En positif, je garde toutefois des idées d’exos très concrets, la notion de « mise en avant » à garder davantage en tête au quotidien, et la grande, grande pédagogie et douceur de Carl Hester. Capable de s’adapter avec justesse au couple : l’évolution début/fin de séance était sacrément visible pour tous !

Je rappelle également que le replay est disponible sur Equideo.

Le repli virtuel et individuel

La présence de plus en plus forte du digital a remplacé les histoires et potins, bien physiques et « limités », du club le samedi (comme cela se voit également au sein de l’école, ou du milieu professionnel). En ayant d’un coup accès à une communauté exponentielle et d’horizon variés, les possibilités de joies et de peines sont décuplées. Nous nous exposons, et prenons aussi le risque d’un retour désagréable voire blessant sur nous. Et entraîne donc un repli sur soi, l’envie de se protéger en ne montrant plus une seule image de notre cheval ou de notre travail. Est-ce toutefois la solution ?

Je vois plusieurs travers possibles à terme, à ce comportement :

  • Manque d’ouverture d’esprit, enfermement sur ses valeurs (et ses stéréotypes) et son mode de pensée
  • Immobilisme et préférence de la pensée sur l’action
  • Mise en place de stratégie de défense
  • Réduction des possibilités de communication et d’apprentissage sur soi

De la même façon qu’une « gentrification » qui pourrait être géographique ou sociale, nous limitons notre monde équestre à ce qui nous ressemble. Et finissons par n’évoquer que les mêmes points de vue, confortés encore et encore.

Pourquoi diable nous emportons-nous ?

communication

Il y a quelques jours, en discutant des origines de Daim avec une éleveuse, cette dernière a indiqué qu’il ne « fallait pas prendre mal » les avis qu’elle allait me transmettre. Cela m’a semblé curieux, car finalement : elle est responsable de son avis, de ses préférences, de ses valeurs.

Parfois, l’usage d’un écran et les incompréhensions de que cela engendre peuvent entraîner soit un sentiment d’attaque sur soi, justifié ou non. Et bien souvent, sur des sujets qui chatouillent déjà notre personne… Alors au lieu de prendre la mouche, sur des propos qui ne sont que subjectifs, et dont nous ne sommes pas responsables (et ne pouvons même pas agir !), pourquoi ne pas agir sur ce sur ce que nous pouvons : nous-même ?

Retour vers une philosophie utile

Plus les années passent, et plus je retrouve une logique à l’utilisation d’une certaine pensée antique, stoïcienne ou épicurienne, par rapport à notre monde. Agir sur ce dont nous avons prise, accepter le reste :

« Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos aversions, en un mot tout ce qui est opération de notre esprit ; ce qui ne dépend de pas de nous, c’est le corps, la fortune, les témoignages de considération, les charges publiques, en un mot tout ce qui n’est pas opération de notre âme. » (Manuel d’Épictète).

Que faire ?

Je suis particulièrement sensible sur la question du travail de Daim, à cause d’un manque de confiance (en mes compétences, ma légitimité vis-à-vis de lui). Il m’est arrivé plusieurs fois d’exploser suite à un commentaire qui n’avait que pour but d’apporter une aide. Pourtant, cela ne m’est jamais arrivé avec Hercule, alors que je reste la même humaine, avec les mêmes points forts/faibles, le même savoir/savoir-être…

En travaillant sur sa vision de soi, son acceptation de notre globalité (et cela inclut les faiblesses !), nous avons un vrai pouvoir dans notre communication avec les autres : celui d’entendre ce que l’on nous dit, de l’accepter ou non, tout en gardant une « colonne vertébrale intérieure » stable. En prenant couche par couche ce qui fait notre « moi », il y a possibilité de plus de bonheur et de bien-être.

Je peux entendre que l’on ne soit pas d’accord avec mes opinions en terme de gestion de mes chevaux, comme dans leur travail ou les outils que j’utilise. Etant à l’aise avec moi-même dans une partie de mes opinions, il est donc possible de discuter posément, d’accepter notre désaccord (comme un très bel article l’a mentionné récemment !) sans en souffrir automatiquement. Les opinions des gens ne sont toujours que relatif à un moment donné, à une information donnée. Comment pourrait-il en être autrement avec un vivant en perpétuel mouvement ?

Perspectives

Il est à ce moment là particulièrement important de poser ses propres limites, par respect pour soi et pour les autres. Ne pas tolérer des comportements simplement pour se sentir ouvert d’esprit (tiens, l’égo qui revient ?), ou pour vouloir absolument faire changer les gens d’avis (un beau syndrome du saveur). Simplement d’être à l’aise avec soi-même, ne pas aller au-delà de ce que l’on peut supporter (de soi et des autres). Nous n’avons jamais eu autant accès à la connaissance et à la palette d’opinions de l’être humain, il serait dommage de refuser tout de go suite à de mauvaises expériences ?

Et n’oublions jamais qu’en face de nous, se trouve un autre être humain sensible qui ne souhaite qu’une chose : pouvoir communiquer dans un cadre de bienveillance et de respect, tout comme nous.

Allier nutrition et besoins spécifiques : retour d’expérience

Nourrir peut sembler un véritable casse-tête, notamment lorsque l’on souhaite sortir de la solution granulés « tout inclus » (mais finalement pas si rose que ça : présence de mélasse, manque de fibre s’il n’y a pas de foin en base alimentaire, peu de visibilité sur l’origine des minéraux, etc…).

Il est également possible également de demander un calcul de ration auprès de différents intervenants, ou encore de faire analyser son foin. Mais quid de l’assimilation réelle de ces minéraux ? La prise de sang peut être une option intéressante en contrôle, comme cela est le cas pour Hercule, ou Nouchka suite à son passage au RAW).  Ou encore d’une alimentation en partie basée sur l’herbe, dont le taux de sucre peut varier d’une heure sur l’autre ?

Daim, ou comment remettre en question une recette qui marche

Novembre 2015

Novembre 2015

Julie et moi-même sommes particulièrement convaincues des bienfaits d’un mode de vie en paddock paradise, avec une alimentation pauvre en sucre, privilégiant les fibres ainsi que des compléments de qualité. Lors de l’arrivée en septembre 2015 de Daim en région parisienne, ce dernier a été intégré au sein du PP existant.

Auparavant, il vivait en pré « classique » à l’année, avec des compléments de chez PureFeed (comme Hercule, qui demeure à ce jour au Pure Balance, base intéressante à mes yeux, notamment pour des cures ponctuelles). Son état était bon, avec des côtes légèrement dessinés (il reste un jeune SF, en croissance). Gardons tout de même en mémoire que la grande majorité de nos poilus sont trop en chair…  Le poil était brillant, la corne toutefois était « vaguelées », malgré des parages réguliers.

Fin mai 2016 - Perte d'état

Fin mai 2016 – Perte d’état

Lors de son arrivée, pour des questions pratiques, son alimentation a été calquée sur l’organisation existante : foin à volonté (récolté sur des prairies naturelles, non traitées depuis des années / pauvre, avec forte présence de tiges et peu de feuilles), herbe de temps en temps, + compléments Ohm (minéraux principalement) donnés à part. L’hiver s’est bien passé, sans besoin d’aide extérieure particulièrement (ni couverture, ni solarium…. 🙂 ).

Toutefois, une fois le printemps arrivé, et notamment la saison des amours, Daim a commencé à perdre de l’état. Pas de perte de moral, le poil avait perdu un peu de d’éclat, et les côtes devenaient plus apparentes. Les remises en question ont donc commencées : quid de l’impact de sa race ? De son âge, ainsi que de sa croissance (non perturbée par des aliments élevages faits pour le « vieillir » artificiellement) ? Des hormones, suite à quelques semaines de saillie ?

Juin/Juillet 2016 - point bas

Juin/Juillet 2016 – point bas

Juin/Juillet 2016 - point bas

Juin/Juillet 2016 – point bas

Les différents tests

Nous avons donc modulé son alimentation, en gardant en priorité une base sans céréales, et en ajoutant donc du Faser Light pour apporter un peu d’énergie (+ compléments Ohm jusqu’à fin mai). Tout en se stabilisant, Daim demeurait sec au début de l’été…

parageavant

Parage mai

paragepost

Parage M+3, suite introduction Morskerl

L’alimentation de base étant à nos yeux juste, nous avons donc décidé de changer les compléments minéraux, en passant dans la gamme du Dr WEYRAUCH en juillet (Mordskerl, spécifique pour les chevaux ayant de gos besoins type entier). A M+3, nous pouvons observer : une reprise d’état progressive, une qualité du poil supérieure + de la corne (cf. photo). Daim demeurera de toute façon fin, vu sa conformation depuis sa naissance.

Et pour la suite ?

Août 2016 - Il reprend légèrement!

Août 2016 – Il reprend légèrement!

J’en viens donc à penser qu’avant même de remettre en question une base foin + apport fibré, il est important de revoir également les suppléments apportés. Comme les granulés « tout inclus », ce n’est par parce qu’il est indiqué que les compléments couvrent tout, que c’est réellement le cas, et totalement assimilé par le cheval…

Octobre 2016

Octobre 2016 – Même un petit ventre? 🙂

 

Daim reste donc au Mordskerl, et par prudence, il recevra également une ration de Marstall Vito, avec une composition un peu plus élevée en protéines + graisse, afin d’aborder la saison de monte avec confiance.  Le fonctionnement en PP, que ce soit en terme d’alimentation ou de « vie quotidienne », demeure adapté avec les besoins de tout cheval. Tout cela sera confirmé par une formation future en alimentation.

Gardez en tête vos principes, mais n’oubliez surtout pas de garder de l’esprit critique, et d’écouter ce que votre cheval cherche à vous dire…. 🙂

Hercule et la quête d’hipposandales

A la demande de Sabotine & Cie, qui s’occupe par ailleurs des pieds d’Hercule, je vous propose un témoignage concernant de nouvelles hipposandales : les Scoot Boots.

scootboot

Les fameuses!

Contexte

Hercule est un hongre de 21 ans, impacté par une dizaine d’années en club (et donc vie peu adaptée : box, céréales, fers, etc.). J’ai eu la chance de le récupérer à ses 17 ans dans l’optique de lui offrir une vie au plus proche de ses besoins naturels : il est donc passé progressivement à une vie en groupe et en extérieur, une alimentation sans céréales et un suivi raisonné de sa santé. Il était toutefois ferré des antérieurs depuis sa jeunesse.

A ses 19 ans, par soucis de cohérence, j’ai demandé à  ce qu’il passe pieds nus (tout d’abord avec un parage maréchal puis un parage PEL) :

  • Antérieur droit

 ad2014 ad2015

  • Antérieur gauche

  ag2014      ag2015

Nous partions de loin ! Progressivement, les talons se sont abaissés, la fourchette s’est élargie et la paroi n’était plus porteuse. Tout ce changement prenait du temps vu son âge (sa tendance à l’embonpoint n’était pas pour arranger les choses..). J’étais également prise par mes études qui réduisaient la fréquence des sorties en extérieur et donc de la stimulation des pieds.

Hippo or not hippo ?

Depuis septembre 2015, j’ai la chance de pouvoir l’avoir près de moi : c’est donc l’occasion pour mettre toutes les chances du côté de ses pieds et sortir régulièrement. Les premières balades se passent bien, malgré tout les zones caillouteuses/pavées sont toujours compliquées pour lui, qui préfère rester sur l’herbe ou le goudron.

Je me commence donc à me questionner sur l’utilisation d’hipposandales afin de rendre les sorties confortables. Je suis à l’origine sceptique : n’est-ce pas empêcher un fonctionner optimal du pieds en transférant l’ensemble du poids vers la paroi ? ou ne serais-je pas impatiente de monter mon cheval en « cachant » des pieds non fonctionnels ? ne risque-t-il pas d’en devenir dépendant ?

Après mure réflexion, je décide de tenter le coup et de voir au fil de l’eau. Plusieurs considérations rentrent en ligne de compte :

  • Poids de la chaussure, finesse de la semelle et adaptabilité selon les terrains
  • Facilité de mise en place et d’entretien
  • Prix

Choix et essai

scootboueAprès m’être renseigné sur les différents modèles d’hipposandales, mon choix s’oriente finalement vers les Scoot Boots, hippo créées il y a peu en Australie. La première paire reçue n’était pas adaptée à cause d’un mauvais choix de taille. La deuxième fut donc choisi en concertation avec le service clientèle (efficace et rapide) : taille 3.

  • 240g/chaussure, mise en place aisée avec 2 attaches devant + une bride au niveau de la couronne
  • Installation en 2 min top chrono par pieds (pas besoin de chauffer par exemple) + nettoyage à l’eau
  • 158€ la paire / FDP gratuits

Les Scoot Boots ont été essayées à ce jour une bonne dizaine de fois, sur des promenades entre 30min et 2h (loisirs), à toutes les allures et sur tout types de terrains (goudron, cailloux, pavés, boues, eau, sable).

tracesLes points positifs :

  • Une fois le coup de main pris, très faciles à installer / livrées avec des protections sur les glomes en cas de frottements
  • Aucun accro sur les boots (composant plastique très solide), jamais de glisse ou de dérapage même sur terrain mouillé
  • Permettent un plus grand confort du cheval en maintenant une fourchette au contact : finalement moins « cache-misère » qu’un fer
  • Prix correct

Les points négatifs :

  • Perte d’une hipposandale lors d’un galop sur une zone un peu boueuse : les vis latérales ont donc été resserrées, depuis aucun soucis !
  • Quid de la pression de la bride au dessus de la couronne ? A ce jour, aucun atteinte ni gonflement sur cette zone…
  • Durée d’expédition, une bonne vingtaine de jours

Conclusion

Si l’on occulte la perte d’hippo, je suis ravie de mes scoot boots ! Elles permettent d’apporter un confort en balade et sont donc une aide précieuse pour une transition.

Hercule demeure sensible mais marche bien mieux en balade, que ce soit pieds nus ou en hippo (privilégiées pour les balades avec beaucoup de cailloux/pavés). Les pieds se développent tranquillement, et Hercule est de plus en plus demandeur de  sorties actives.

Bref, si besoin d’hipposandales, n’hésitez pas à essayer les Scoot Boots !